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Samedi 8 décembre 2018



Le retraité de 63 ans qui se tient debout dans le box du tribunal correctionnel de Strasbourg a eu le temps de réfléchir à l’incident survenu samedi vers 11 h 30. Les deux nuits qu’il a passées en garde à vue au commissariat ont quelque peu refroidi ses esprits.

« Je me conduis jamais comme un cowboy, je respecte les gens, assure le sexagénaire, pourtant déjà condamné pour des violences sur professionnel de santé et pour des outrages. Avec le recul, je comprends que la police puisse penser que c’était un cinglé qui voulait foncer dans la foule. »

Au volant d’une voiture de police américaine prêtée par une amie, il a contourné le fourgon de police qui encadrait le cortège des gilets jaunes marchant entre la place de la République et le Palais universitaire, à Strasbourg. Le conducteur de la Ford dont le gyrophare bleu était activé n’a pas tenu compte des sommations de s’arrêter émanant des forces de l’ordre. D’autres véhicules de police ont dû intervenir pour lui barrer la route.

Déjà des soucis au volant d’une Ferrari

« Au secours les gilets jaunes, venez m’aider, la police m’attaque ! », a alors hurlé l’automobiliste au moyen du mégaphone qui équipait son véhicule. Deux fonctionnaires, dont le directeur départemental de la sécurité publique du Bas-Rhin venu superviser le dispositif, l’ont extrait de force de l’habitacle. L’homme les a traités de « salopards », tout en hurlant : « Alerte générale ! »

Cet amateur de belles carrosseries pense que si les policiers l’ont malmené, c’est peut-être « par jalousie ». D’ailleurs, n’avait-il pas déjà eu une mauvaise expérience avec des agents alors qu’il conduisait une Ferrari ?

Reconnu coupable de refus d’obtempérer, rébellion et outrages, le collectionneur de voitures strasbourgeois s’est vu infliger six mois d’emprisonnement avec sursis, conformément aux réquisitions du ministère public. Les juges ont ajouté une suspension de son permis de conduire d’une durée de six mois.